Une hallucination d'IA, c'est une réponse inventée, produite avec la même assurance qu'une réponse juste. Une référence qui n'existe pas, un chiffre plausible, une citation, un article de loi, un nom. Ce n'est pas une panne. C'est le fonctionnement normal de l'outil, vu du mauvais côté.
Ce que c'est, exactement
L'outil produit la suite la plus probable d'un texte. Quand la suite la plus probable est vraie, il a raison. Quand elle est plausible sans être vraie, il invente, et rien dans sa façon d'écrire ne le signale. Le mot hallucination est trompeur : il suggère un accident. Il vaudrait mieux dire que l'outil ne sait pas qu'il ne sait pas.
Pourquoi ça ne disparaîtra pas
Les outils s'améliorent, les inventions se raréfient, les versions connectées à une recherche en produisent moins sur les faits récents. Mais tant que l'outil produit du probable et non du vérifié, il pourra inventer. Ce n'est pas un défaut de jeunesse qu'une prochaine version corrigera. C'est une propriété, et une entreprise qui attend qu'elle disparaisse pour former ses équipes attendra longtemps.
Où ça arrive le plus
Sur les références : un livre, un article, une jurisprudence, une norme, avec un numéro qui a l'air vrai. Sur les chiffres : une statistique, un pourcentage, un montant, présentés sans source. Sur les citations et les noms de personnes. Sur les faits récents ou locaux, que l'outil connaît mal. Et sur tout ce qu'on lui demande de confirmer : une question orientée obtient une réponse orientée, fausse si nécessaire.
Réduire, sans supprimer
Donner le document plutôt que demander à l'outil de se souvenir. Lui demander de ne rien ajouter qui ne soit pas dans la source, et de signaler ce qui manque. Lui dire qu'il a le droit de répondre « je ne sais pas ». Poser des questions ouvertes, pas des demandes de confirmation. Et pour les usages qui le justifient, utiliser un outil qui cherche dans vos documents avant de répondre, ce qu'on appelle la recherche augmentée. Tout cela réduit. Rien ne supprime.
Vivre avec : le réflexe
Puisque ça n'arrête pas, on vérifie. Pas tout, selon le risque : une reformulation se relit, un chiffre qui part chez un client se vérifie à la source. La grille en cinq questions prend deux minutes, et la formation la fait pratiquer jusqu'à ce qu'elle devienne aussi automatique que relire un mail. Une équipe qui a ce réflexe peut utiliser l'outil partout. Une équipe qui ne l'a pas ne devrait l'utiliser nulle part.
Cinq terrains
Les références
Livres, articles, jurisprudence, normes, avec un numéro qui a l'air vrai. À vérifier une par une.
Les chiffres
Statistiques, pourcentages, montants, sans source. Un chiffre non sourcé n'existe pas.
Les citations et les noms
Attribuées avec aplomb. Souvent fausses, parfois inventées de toutes pièces.
Le récent et le local
Ce que l'outil connaît mal, il le complète. Une entreprise normande de cinquante personnes n'est pas dans sa mémoire.
Ce qu'on lui demande de confirmer
Une question orientée obtient une réponse orientée. Demandez « qu'est-ce qui contredit », pas « confirme que ».
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce qu'une hallucination d'IA ?
Une réponse inventée, produite avec la même assurance qu'une réponse juste : une référence qui n'existe pas, un chiffre plausible, une citation, un nom. Ce n'est pas une panne, c'est le fonctionnement normal d'un outil qui produit du probable, pas du vérifié.
Les hallucinations vont-elles disparaître avec les prochaines versions ?
Elles se raréfient, elles ne disparaissent pas. Tant que l'outil produit la suite la plus probable et non la suite vérifiée, il pourra inventer. Attendre qu'elles disparaissent pour former ses équipes, c'est attendre longtemps.
Comment réduire les hallucinations ?
Donner le document au lieu de faire appel à la mémoire de l'outil, lui interdire d'ajouter ce qui n'est pas dans la source, l'autoriser à dire qu'il ne sait pas, poser des questions ouvertes, et vérifier selon le risque. Réduire, jamais supprimer.
