L'IA au comité de direction, ça ressemble presque toujours à ceci : le sujet est à l'ordre du jour depuis six mois, chacun a un avis, quelqu'un a fait une démo, et rien n'a été décidé. Pas par manque d'intérêt. Par manque de méthode pour décider une chose qu'on ne comprend pas entièrement.
Le symptôme
Un CODIR ou un COMEX qui n'a pas tranché sur l'IA envoie un signal très clair à toute l'organisation : ce n'est pas sérieux, ou c'est dangereux. Dans les deux cas, les gens font ce qu'ils font toujours en l'absence de décision. Ils improvisent, chacun dans son coin, avec les outils qu'ils trouvent. Six mois plus tard, la direction découvre que l'IA est déjà partout, sans règle, et elle doit gérer au lieu de décider.
Ce qu'un comité de direction doit trancher lui-même
Quatre choses, et pas une de plus. Le cap : à quoi sert l'IA chez nous, en une phrase que tout le monde comprend. Le droit d'essayer : ce que n'importe qui peut tester sans demander, et ce qui demande un feu vert. Les lignes rouges : ce qu'on ne met jamais dans un outil, et ce qu'on ne fait jamais faire à une machine seule. Le rythme : à quelle cadence on regarde ce qui se passe, et qui en répond.
Ces quatre décisions ne se délèguent pas, parce qu'elles engagent l'entreprise entière et qu'elles se contredisent entre services si personne ne les tient au-dessus.
Ce qu'il peut déléguer, et doit déléguer
Le choix des outils. Les cas d'usage par métier. La formation. L'intégration technique. Tout cela se fait mieux par ceux qui font le travail, à condition que les quatre décisions du dessus existent. Un CODIR qui choisit lui-même entre Copilot et Gemini fait du travail de DSI et laisse vide la place qui est la sienne.
Le piège de l'expertise
Beaucoup de directions attendent de comprendre l'IA pour décider. Elles ne comprendront jamais assez, personne ne comprend assez, ça bouge tous les trois mois. La décision à prendre n'est pas technique : elle porte sur ce que l'entreprise veut, sur ce qu'elle interdit, et sur qui a le droit de quoi. Un dirigeant sait décider cela. Il n'a pas besoin d'un cours sur les modèles de langage, il a besoin de deux jours et d'une méthode.
C'est aussi la raison pour laquelle un facilitateur externe est utile : le directeur général ne peut pas être juge et partie, et les non-dits restent des non-dits quand c'est lui qui anime.
Le format
Un séminaire de direction d'un jour et demi à deux jours. Des entretiens individuels trois semaines avant, une restitution anonyme, un cap formulé ensemble avec le Futur Désiré, trois chantiers, des engagements datés, et un suivi à quinze et à quatre-vingt-dix jours. Facilitation à partir de 4 500 € HT, hors lieu et restauration.
Ce qui reste au comité
| Le comité de direction tranche | Il délègue | |
|---|---|---|
| Le cap | À quoi sert l'IA chez nous, en une phrase | |
| Le droit d'essayer | Ce qu'on teste sans demander, ce qui demande un feu vert | |
| Les lignes rouges | Ce qu'on ne met jamais dans un outil, ce qu'une machine ne fait jamais seule | |
| Le rythme | À quelle cadence on regarde, et qui en répond | |
| Les outils | La DSI et les métiers, dans le cadre décidé | |
| Les cas d'usage | Chaque service, avec ceux qui font le travail | |
| La formation | Insuffle Académie, une journée par équipe | |
| L'intégration | La DSI et les prestataires |
Un comité qui fait la colonne de droite laisse vide la colonne de gauche. C'est le cas le plus fréquent.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Que doit décider un comité de direction sur l'IA ?
Quatre choses qui ne se délèguent pas : le cap, en une phrase ; le droit d'essayer, ce qu'on teste sans demander ; les lignes rouges, ce qu'on ne confie jamais à un outil ; le rythme, à quelle cadence on regarde et qui en répond. Le choix des outils, lui, se délègue.
Faut-il comprendre l'IA pour décider ?
Non. Personne ne la comprend assez et elle change tous les trois mois. La décision n'est pas technique : elle porte sur ce que l'entreprise veut, interdit, et sur qui a le droit de quoi. Un dirigeant sait décider cela.
Pourquoi un facilitateur externe pour un séminaire IA ?
Parce que le directeur général ne peut pas être juge et partie, et que les non-dits restent des non-dits quand c'est lui qui anime. Le facilitateur tient le processus ; le contenu et les décisions restent ceux du comité.
